Des géants de la technologie reconnus responsables dans un procès pour dépendance aux médias sociaux

13

Un jury californien a rendu mercredi un verdict important, tenant Meta (la société mère d’Instagram) et Google (Alphabet) financièrement responsables de la conception de plateformes de médias sociaux addictives qui nuisaient sciemment aux enfants. Cette décision pourrait créer un précédent pour des cas similaires ciblant des entreprises technologiques en raison de leur impact sur la santé mentale des jeunes.

Le verdict et les dommages et intérêts

Le jury a jugé Meta et Google négligents dans la création de plateformes contribuant aux problèmes de santé mentale chez les jeunes utilisateurs. Les entreprises doivent payer conjointement 3 millions de dollars de dommages-intérêts compensatoires, Meta couvrant 70 % et Google 30 %. Des dommages-intérêts punitifs supplémentaires sont toujours à l’étude. Meta et Google ont annoncé leur intention de faire appel de la décision, contestant les conclusions.

Le cas : KGM contre les géants de la technologie

Le procès a été intenté par une femme de 20 ans, identifiée comme KGM (Kaley), qui affirmait que Instagram et YouTube avaient été délibérément conçus pour maximiser l’engagement des utilisateurs, ce qui avait conduit à sa dépendance. L’affaire était centrée sur les choix de conception des plateformes, y compris les algorithmes de recommandation, et sur la manière dont ceux-ci ont influencé sa santé mentale. KGM a témoigné que sa dépendance aux médias sociaux avait contribué à une dysmorphie corporelle grave, à une dépression et à des pensées suicidaires.

Meta et Google ont nié ces allégations, mais le jury a statué que leur négligence était un « facteur substantiel » dans les dommages causés à la santé mentale de KGM.

Implications plus larges

Ce verdict n’est pas isolé. Un jury du Nouveau-Mexique a récemment imposé des centaines de millions de sanctions contre Meta pour avoir autorisé l’exploitation sexuelle d’enfants et induit les consommateurs en erreur sur la sécurité de la plateforme. L’affaire en Californie intervient après que TikTok et Snap aient réglé des réclamations similaires en janvier avant le procès.

« L’ère de l’invincibilité des Big Tech est révolue », déclare Sacha Haworth du Tech Oversight Project, signalant un changement dans l’examen public et juridique des entreprises technologiques.

Témoignage et défenses des dirigeants

Au cours du procès, des dirigeants de haut rang de Meta et de Google ont défendu leurs plateformes, notamment le PDG Mark Zuckerberg et le directeur d’Instagram Adam Mosseri. Mosseri a rejeté l’idée des médias sociaux comme étant cliniquement addictifs, qualifiant de telles descriptions de « problématiques ». La décision du jury contredit cependant ces arguments.

La décision envoie un message clair : les entreprises technologiques peuvent être tenues responsables du caractère addictif de leurs produits et du préjudice qu’elles infligent aux utilisateurs vulnérables. Cette affaire devrait donner lieu à de futures poursuites et imposer une plus grande transparence dans les pratiques de conception des médias sociaux.